WORKSHOP SUR L’UTILISATION DES TECHNOLOGIES
DE L’INFORMATION POUR DEVELOPPER DE NOUVEAUX
MARCHES POUR LES MICRO-ENTREPRENEURS HAITIEN

Ecrit et préparé par Stéphane d'Amours
pour PRET/DAI/USAID

Infotel Expo 98, Hôtel Christopher,
Port-au-Prince, Haïti


DU CHEMIN DE FER A INTERNET


Le chemin de fer a développé l'économie industrielle et personne ne pouvait considérer prospérer à moins de 10 pieds des rails. Internet sera l'infrastructure de l'économie du XXIe siècle, qui s'annonce comme l'ère de l'information. Pour prospérer dans cette nouvelle économie globale, nous devons penser dorénavant en fonction d’une petite planète et du train -Internet.

Les récents progrès dans les technologies de l’information et de communication ont significativement étendu la gamme des produits et des services qui peuvent être échangés à l’échelle internationale. Les pays en développement peuvent à la fois augmenter l’exportation de leurs produits et services vers de nouveaux marchés et avoir accès a de l’information stratégique, à des produits et à services non disponibles localement.

Internet et les nouvelles technologies de l’information et de communication représentent à la fois des opportunités et des défis pour les pays comme Haïti.

Le secteur des services est celui qui a connu la plus importante progression dans les échanges internationaux, les investissements et la création d’emplois au cours des dernières années. Les pays caraïbbéens ont accrue leur présence dans l’industrie du traitement de l’information: que ce soit dans le traitement des réservations aériennes et hôtelières, des appels 1-800, des données bancaires, des assurances, de la sous-traitance informatique, etc...

Le commerce online par catalogue sur Internet atteint déjà des volumes qui avoisinent les milliards de Dollars. Les pays en développement sont de plus en plus présents et connaissent une croissance significative dans l’exportation de leurs produits locaux, notamment la production artisanale et le tourisme.

Avec Internet, que nous soyons en Haïti ou aux Etats-Unis,nous avons les même possibilités.

Les nouvelles technologies d’information et de communication représentent des outils puissants pour le développement économique d’Haïti.

Les Micro et petits entrepreneurs constituent cependant le noyau prioritaire de ce virage que nous devons entreprendre. Nous devons les aider à découvrir des opportunités de marché et à obtenir l’information qui leur permettra d’accroître leurs connaissances et leur capacité à compétitionner.

Les micro et petites entreprises constituent la meilleure approche pour l’augmentation réelle des revenus des démunis. Ils sont aussi les plus importants créateurs d’emplois.

Il faut se concentrer sur trois contraintes majeures: l’accès au crédit, l’accès à l’information et l’accès aux nouveaux marchés. Pour ce faire un nouveau partenariat est indispensable entre le secteur privé traditionnel, les nouveaux entrepreneurs de l’industrie de l’information et de communication et le secteur informel.





UN POWERSHIFT MONDIAL



Depuis le premier février 1996, pour la première fois, un lien satellite privé offrait une connection “point-to-point” entre Haïti et le reste du monde. Cette connectivité positionnait Haïti sur le même “real-time” que les principales capitales de la planète.

Aviez vous lu le magazine WIRED, édition février 1996? Deux mots étaient écrits sur la page couverture: ANNOU PLOGE., qui veut dire en kreyol connectons nous

Le 1e février 1996, les premiers tests était réalisés pour l’établissement de la première connection internet par un fournisseur privé en Haïti. ACN devenait une réalité.

C’était comme le premier lancement d’une fusée vers la lune ou comme les pionniers qui ont bâti le chemin de fer, ouvrant une nouvelle dimension pour le développement réel d’Haïti.

Haïti entrait dans la grande aventure virtuelle des économies et des cultures modernes.

Cet événement historique était le premier signal concret que Haïti entrait dans le XXIe siècle. Maintenant, nous pouvons parler de bâtir la nouvelle Haïti.

Nous vivons actuellement un “powershift”, de l’ère industrielle vers l’ère de l’information. Pour plusieurs, la transition est difficile: perte d’emploi, incapacité ou limitation des aptitudes informatiques, qualifications inappropriées des ressources humaines... Alors que pour les autres cette transition est une source d’opportunités nouvelles.

Nous avons aujourd’hui le choix entre être les derniers d’une économie dépassée ou les premiers d’une nouvelle économie.

La décision de s’engager vers l’économie de l’information, est le choix stratégique le plus important de toutes les entreprises, de toutes les organisations et de chacun de nous comme individu en cette fin du XXe siècle. C’est une question de survie! et ceci s’applique à Haïti.

Cette transition est en contrepartie à la portée de tous, micro, petites ou grandes entreprises, coopératives ou ONG, formel ou informel, pays industrialisés ou en développement, inforiches ou infopauvres. Les nouvelles technologies sont largement disponible, peu coûteuse et simple à utiliser.

Les règles du jeu pour participer à cette nouvelle économie, ne dépendent ni du concept de l’espace vital ni du capital!

“Free flow of information and communication”, tel est la grande règle des nouveaux pouvoirs de l’économie du XXIe siècle.

Le succès des dirigeants face à se défi se mesurera à leur volonté de libérer les communications et l’information, vers le plus grand nombre et gratuitement, sinon au meilleur coût.

Le pouvoir de l’information ne tiendra plus du secret, de la censure, du contrôle, mais à sa circulation universelle. Le secret est devenu une notion trop coûteuse, la censure n’est plus acceptable politiquement et le contrôle de l’information est aujourd’hui virtuellement du domaine de l’incontrôlable.

Mais, qu’elle est cette nouvelle Haïti?

Nous devons être plus compétitifs et mieux informés. Nos concurrents occupent aujourd’hui l’espace que nous avons laissé vacant au cours des années de turbulence politique, tant dans la sous-traitance, l’agri-business que le tourisme. Haïti devra occuper un nouvel espace économique et culturel. Elle devra se positionner rapidement dans ce nouvel espace, pour ne pas se retrouver encore en retard. Elle devra profiter au maximum des nouvelles opportunités.

Haïti doit développer de nouveaux marchés d’exportation et miser sur l’industrie des nouvelles technologies de l’information et des services relatifs aux nouveaux besoins des entreprises et des organisations du XXIe siècle.

Nous pouvons vendre les produits haïtiens à travers internet, que ce soit l’artisanat, le café, la mangue, les noix, les huiles essentielles, la culture ou le tourisme.

Pourquoi pas un parc technologique à Port-au-Prince! D’autant plus, qu’il ne souffrirait aucunement de la carence en infrastructures qui affectent le pays au niveau le plus grave. Pas besoin de routes, d’installations portuaires ou aéroportuaires, de services téléphoniques ou de débit électrique industriel. Une antenne satellite suffit pour établir une connection “point-to-point” avec le reste de la planète et mettre Haïti sur le boulevard internet à l’heure de Bangalore, de Silicon Valley et des grandes capitales.


HAITIANCRAFTS.ORG: UN EXEMPLE CONCRET



Au moins un nouveau site web faisant la promotion de produits artisanaux apparaît chaque mois.

Je peux citer parmi tous ceux-ci: le Centre International pour la promotion de l’Artisanat (CIPA) du Maroc, le Australia Craft Center, le SPES Mauritius, le Crafts Center de Washington, le Crafts Council de Londres, Artesianas de Colombia, Botswana Craft Marketing, Bolivian Handicraft Centre, Jordan Design and Trade Center, Precolombian Handicraft Exports, Manos de Uruguay Craft Centre, Wood Handicraft de Costa Rica, East Africa Streetwise Project qui aide les enfants à travers la vente de produits l’artisanaux, Virtual Trade Fair de Trinidad et Tobago, Ten Thousand Villages non-profit alternative trading organization Oxfam alternative marketing for craft, International Federation for alternative trade.

L’artisanat se vend bien sur Internet!

HaitianCrafts.org est un projet innovateur financé par la USAID, créé par DAI-DATEX et géré par le PRET (Programme pour la Relance de l’Economie en Transition).

HaitianCrafts.org a été initié depuis 1996.

L’objectif principal est d’aider les micro-entrepreneurs de l’artisanat haïtiens à développer de nouveaux marchés d’exportation à travers Internet et de contribuer à leur développement économique dans un rapport d'échange commercial plus juste entre l'artisan et l'acheteur.

Sur HaitianCrafts.org vous pouvez acheter “online” de l’artisanat haïtien de haute qualité, comme des articles pour la cuisine, la chambre des enfants, le bureau, ou des idées de cadeaux et de décoration uniques. Des motifs, des couleurs, des modèles peuvent être créés sur demande. Nous pouvons assurer la livraison à votre porte très rapidement.

HaitianCrafts.org peut aussi vous fournir des articles promotionnels originaux, auxquels nous ajoutons le nom de votre entreprise, d’un événement ou d’une destination touristique.

Quand vous achetez de HaitianCrafts.org vous aidez des micro-entrepreneurs haïtiens à mieux vivre.

En dépit du fait que l’artisanat haïtien est très apprécié à travers le monde, l’artisan haïtien a toujours de la difficulté à trouver des marchés pour l’exportation. HaitianCrafts.org essaie de rapprocher l’offre de la demande dans un cadre de commerce équitable.

HaitianCrafts.org ouvre les portes de l'artisanat haïtien à des millions d’acheteurs sur Internet. HaitianCrafts.org fait la promotion de la richesse, de l'exclusivité, de la diversité et de la qualité de l'artisanat d'Haïti, l'île Magique, et de sa culture unique au monde.

L'imagination et le talent des artisans sélectionnés par HaitianCrafts.org répondent aux exigences commerciales les plus rigoureuses et aux goûts des clients les plus originaux.

HaitianCrafts.org offre une grande variété de produits artisanaux haïtiens de haute qualité. Les critères de sélection sont l’originalité, la qualité, l’utilité et le prix.

Les artisans de HaitianCrafts.org sont dynamiques, créatifs et peuvent produire selon vos besoins les plus spécifiques, en petites ou en grandes quantités.

PRET encadre chaque artisan dont les produits sont exposés sur HaitianCrafts.org pour les aidé à respecter les exigences des acheteurs et à maintenir des standards de qualité élevés, quelle que soit la quantité.

Quand les marchandises sont prêtes, PRET effectue un contrôle de qualité, vérifie si tous les détails de la commande ont été respectés et paie les artisans.

PRET s’occupe de l’emballage et du transport des marchandises à l’adresse des acheteurs. Suivant le volume et le poids, les produits sont envoyés par avion ou par bateau pour limiter les coûts du fret. PRET est également responsable des formalités douanières en Haïti.

Une cotisation de 2 à 5% (minimum 10.00$), est ajoutée aux coûts de la commande pour couvrir les frais d’emballage et d’expédition.

WHIMSEYS, un des plus importants importateurs de produits artisanaux haïtiens en Amérique, partenaire de HaitianCrafts.org, peut assurer la livraison de petites commandes par service de courrier express à votre porte d’ici 48 heures à 72 heures.

HaitianCrafts.org permet d'acheter directement de l'artisan, en petites ou en grandes quantités, à un prix qui garantie la compétitivité des produits et un revenu équitable pour les artisans. En achetant l'artisanat haïtien de haute qualité vous contribuez à l'avancement économique d’Haïti.




AUTRE EXEMPLE: L’INDE



Nous pourrions présenter de très nombreux exemples, mais nous allons nous concentrer sur l’Inde.

L’industrie indienne du logiciel générait des revenus de l’ordre de 500 millions de Dollars selon les données de 93-94, les deux tiers des exportations indiennes. Les estimations démontrent que l’Inde contrôlerait près de 12 % du marché international de la production de logiciels.

Au cours des dernières années, l’Inde s’est taillé une place de choix dans le créneau des “Software Technology Parks” en créant des alliances avec les nouveaux pouvoirs.

Bangalore “le success story”
Par ROMAIN FRANKLIN, parue le 20 octobre 1995.

Parce qu'elle est perchée à 1.000 mètres d'altitude, que plus de cent entreprises de développement de logiciels y sont implantées, Bangalore, cinq millions d'habitants, est surnommée le Silicon Plateau. On l’appelle aussi le grenier à matière grise de l'Inde.

Vaches sacrées, temples hindous, et routes défoncées: dans ces campagnes indiennes à peine dégrossies, à trente kilomètres de la capitale de l'Etat du Karnataka, les bâtiments flambant neufs d’entreprises comme Infosys surgissent de l'Inde rurale, mais "ne dépareilleraient pas dans Silicon Valley".

Depuis plusieurs années, Bangalore s'est imposé dans l'univers du logiciel. Au contraire du hardware (matériel), qui impose de construire des usines hors de prix rapidement obsolètes, le software nécessite peu d'infrastructures. Pour la production de masse, il suffit d'un centre de duplication de disques ou de CD-Rom et d'une chaîne d'emballage; la partie service informatique est encore plus légère et ne requiert que de puissantes installations de télécommunications pour donner à une compagnie d'assurances de Hambourg ou à une banque de Californie l'impression que les ingénieurs qui installent leurs systèmes ou les réparent sont à côté.

L'Inde est d'ores et déjà le plus grand exportateur mondial de logiciels après les Etats-Unis. Et Bangalore est le prototype du centre technologique. Dans cette ville de 5 millions d'habitants sont concentrées quelque 110 entreprises de développement de logiciels. Cette région abrite les filiales de grandes firmes comme Texas Instruments ou Hewlett Packard; d'autres entreprises contrôlées par des capitaux indiens ont pour clients des groupes industriels comme General Electric, Nestlé, Motorola, Reebok, AT&T, Northern Telecom, GEC-Alsthom, ou même des banques comme J.P. Morgan ou Midland Bank...

"Cette présence massive de firmes étrangères n'est pas seulement liée à la faiblesse de nos coûts industriels, insiste M. Murthy, qui a lancé Infosys avec six autres ingénieurs et 300 dollars en 1981. Il existe des banques, ou des entreprises, comme Reebok-France, qui fonctionnent entièrement sur nos softs.

Pour elles, la qualité est primordiale. Il est hors de question qu'elles prennent le moindre risque dans l'acquisition d'un système qui conditionnera leurs opérations de gestion comptable, financière ou logistique pendant des années. Il n'y a pas de logiciel à bas prix, il n'y a que des logiciels qui marchent."

Lorsque Bangalore s'est lancé dans l'industrie du logiciel à la fin des années 80, les logiciels étaient copiés sur des disquettes et envoyés par la poste. Cette époque est révolue! Aujourd’hui, de gigantesques antennes satellites permettent, via Intelsat, une connexion directe et permanente avec les entreprises clientes aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark.

Grâce à un investissement massif dans les télécommunications par satellite, l'allocation de lignes dédiées au trafic Internet, l'Inde a aboli les distances avec ses clients, partenaires ou filiales des grands pays industrialisés. Pas moins de soixante-quinze entreprises de Bangalore utilisent les lignes à haut débit leur permettant de communiquer "live" avec leurs clients, au besoin de travailler sur un même projet à 20.000 kilomètres de distance. L'Inde utilise tous les jours ce qu'on démontre dans tous les salons multimédias: le travail en collaboration entre des groupes d'individus séparés par dix fuseaux horaires.

Et même ce décalage horaire peut jouer en faveur des ingénieurs indiens: un logiciel de General Electric, aux Etats-Unis, peut être réparé, entretenu ou amélioré en Inde pendant qu'il fait nuit aux Etats-Unis. Ce genre de disponibilité intéresse énormément les clients, qui peuvent tout demander à distance, même de supprimer un virus qui vient d'apparaître sur un de leurs programmes à huit heures du soir à Los Angeles. L'ouverture de cette liaison par satellite fut même à l'origine de l'une des premières "exportations" de Bangalore: la saisie de données. Héritage de l'Empire britannique, l'anglais est une des langues officielles de l'Inde. Du coup, des centaines de personnes à Bangalore ou Madras sont employées à saisir les données administratives d'entreprises américaines ou à tenir la comptabilité de compagnies comme Swissair, qui a son centre de saisie à Bombay. Avec ses 300 employés, Health Scribe effectue la transcription de données médicales destinées à des groupements d'assurance santé américains: un médecin de l'Illinois ou de l'Arkansas dicte par téléphone à un ordinateur central des données qu'il retrouve le lendemain sur son bureau, imprimées et traitées. Transcriptions, une autre entreprise américaine du secteur, envisage d'employer jusqu'à 100.000 personnes en Inde au cours des prochaines années. Et les grandes compagnies de cartes de crédit devraient lui emboîter le pas.

Mais Bangalore n'entend pas pour autant devenir un centre de sous-traitance "low-tech" comme l'Asie en compte beaucoup. Son avenir, elle le joue sur la qualification de ses ingénieurs et techniciens. Dans la province du Karnataka, 18.000 collèges fournissent la future main-d'oeuvre pour ce secteur. Et pour les formations les plus pointues, d'autres réservoirs existent aussi dans les universités américaines où les Indiens forment un quota grandissant.

Mais, même si les promoteurs de la haute technologie en Inde s'en défendent, le coût de la main-d'oeuvre est déterminant dans l'attrait de Bangalore: un ingénieur y coûte rarement plus de 2.500 francs par mois, soit huit ou dix fois moins que dans la Silicon Valley californienne. Le facteur coût de cette main-d'oeuvre ultraqualifiée est essentiel dans le choix d'une orientation plus "logicielle" de Bangalore: il faut six à dix fois plus de temps d'ingéniérie pour fabriquer un nouveau produit logiciel qu'un nouveau modèle d'ordinateur.

Ce facteur économique a été accentué par une politique gouvernementale agressive. Alors que le taux d'équipement en ordinateurs individuels de l'Inde n'est que de 0,7 pour mille (contre 25o/oo dans le monde) et que le taux d'équipement téléphonique est dix fois inférieur au reste du monde, le gouvernement a créé un ministère de l'Electronique qui a fourni à cette industrie les moyens nécessaires pour éclore.

En 5 ans, Bangalore a réussi à prendre 7% des parts de marché de cette bouillonnante industrie de l'export du logiciel, qui pèse 8 milliards de dollars à l'échelle mondiale (39,8 milliards de francs environ).

Les concurrents sont nombreux (Israël, Irlande, République tchèque, Singapour), mais le marché est en pleine croissance. La part de l'Inde a bondi de 42% l'an dernier, incitant de nombreux ingénieurs à démarrer leur propre entreprise. Après avoir effectué de la sous-traitance pour les plus grandes multinationales depuis plusieurs années, certains commencent même à innover. Comme NCore, lancé par une poignée d'ingénieurs qui planchent aujourd'hui sur un logiciel destiné à la télévision interactive qui permettra la visualisation de catalogues en trois dimensions.

La vitalité de l'Inde attire même les venture capitalists (firmes de capital risque) jusqu'ici frileusement retranchées dans la Silicon Valley.

Wipro a commencé dans les huiles et le savon au lendemain de l'indépendance de l'Inde en 1947, avant de changer de cap en 1981.

Aujourd'hui, Wipro pèse 250 millions de dollars (1,24 milliard de francs), emploie 3.000 ingénieurs et techniciens, et jouit d'une croissance annuelle de 60% pour sa seule division logiciel. Des géants comme IBM ou AT&T lui confient le développement de systèmes d'exploitation pour gros ordinateurs. La firme conçoit aussi des commutateurs de réseaux et des composants. Elle participera à la fabrication du P6 d'Intel, le microprocesseur successeur du Pentium.




VENDRE SUR INTERNET



Premièrement, pourquoi avoir un site sur Internet?

Pour établir une présence; Pour établir des contacts (“to network”); Faites tout connaître sur votre entreprise; Bien servir vos clients; Pour susciter l'intérêt d'un nouveau public; Pour publier certaines informations à un moment précis; Vendre sur le WWW; Pour rendre disponibles des images, des sons et des vidéos sous forme de fichiers, mais il faut faire attention à ne pas avoir des fichiers trop lourd, la grande majorité des internautes ne sont pas des power-users, le problème principal sur le web est que les pages sont trop lentes à downloader / world-wide-wait; Pour rejoindre le marché démographique le plus recherché; Pour répondre aux questions répétées; Pour rester en contact avec vos vendeurs-distributeurs-partenaires; Pour s'ouvrir sur le marché international; Un service de vingt-quatre heures par jour; Pour changer rapidement les informations disponibles; Pour connaître le pouls des clients; Pour tester le marché avec de nouveaux services ou de nouveaux produits; Pour rejoindre les media; Pour rejoindre le marché de l'éducation et des jeunes; Pour atteindre une clientèle spécialisée; Pour servir votre clientèle locale, Des pizzeria offrent aujourd'hui un service "online" aux universitaires californiens. Quel que soit l'endroit où vous êtes, si le client a un accès au WWW, vous devriez y être vous aussi.

Mais, il faut savoir qu’une page web ne suffit pas pour vendre. Vous devez avoir une stratégie.

La recette d’un site idéal est essentiellement composée des ingrédients suivants: il doit répondre aux besoins d’une clientèle déterminée; il est efficace, rapide et convivial; il offre une information dynamique, exclusive et régulière; son visuel a du punch; il est bilingue (français et anglais); il est transactionnel et sécurisé; il est localisable rapidement dans les robots de recherches.

Votre site doit s’intégrer comme une véritable stratégie de marketing et de communication, et non seulement comme un outil. Vous devrez faire appel à de nouvelles compétences au sein de votre entreprise. Le personnel concerné devra recevoir la formation nécessaire en matière de communication-marketing sur internet (promotion, feed-back, incentives, commandite, programmation html...).

Pour être efficace, votre site web nécessite une mise à jour régulière (mensuelle de préférence) et un contenu exclusif et dynamique. Nous devrons aller au delà des informations générales statiques. Le public doit avoir envie de revenir régulièrement sur le site pour y trouver des informations nouvelles qu’il ne trouvera pas ailleurs.

Vous devez faire l’information, devenir un site de référence, dans votre sphère d’activités. Adopter des causes relatives à vos sphères d’activités.

Vous devez générer un trafic actif et sélectif. La promotion du site devra être effectuée sur les principaux robots de recherches, les newsgroups, les mailings list. Vous devez aussi faire du direct marketing vers toutes entreprises, organisations ou individus potentiellement intéressées ou intéressées par votre produit ou service. Vous devez stimuler l’établissement d’hyperliens vers votre site et inciter les internautes à consulter périodiquement le site mis à jour. (Idéalement, un budget publicitaire pourrait aussi être alloué pour annoncer par banners sur des sites à haut rendement en fonction du trafic à générer et des publics visés.)

Une stratégie de feed-back devra être développé afin de stimuler et de répondre à toutes les demandes issues d’internautes. La rédaction d’un FAQ contribuerait notamment à limiter le nombre de correspondance à gérer. Des templates de email pré-définis faciliteraient aussi le feed-back. Selon International Data Corporation, 50% des sites d’entreprises américaines sur internet n’affichent pas d’adresse email et 66% de ceux qui offrent une adresse email ne répondent pas à leur courrier électronique.

Je préconise une approche de type “incentive” dynamique et stimulante pour les visiteurs. Dès le premier contact avec le site, les visiteurs doivent savoir qu’ils peuvent gagner quelque chose. Non seulement l’approche “incentive” stimulera la participation des visiteurs, mais elle permettra aussi d’obtenir une information marketing précieuse auprès des visiteurs.

Vous devez aussi faire une priorité d’inclure votre adresse et votre adresse email sur tout matériel imprimé et électronique.

Surtout, ne faites jamais payer l’accès à votre site. Donnez et vous recevrez. Les utilisateurs ne paient pas pour accéder à des sites web.


QUELS MARCHES, QUELS OPPORTUNITES POUR HAITI


Il n’est pas nécessaire d’investir des millions de Dollars pour vendre sur Internet. Une simple page peut permettre de vendre par exemple des milliers de caisses de mangues. Ce qui compte avant tout, c’est l’information qui se trouve sur votre page et le travail que vous ferez pour aller au devant des clients, être trouvé par ceux-ci et leur répondre.

Mais que peut vendre Haïti, et plus spécialement les micro et petits entrepreneurs sur internet?

Les marchés et les opportunités pour Haïti se divisent en deux grandes niches: les produits traditionnels, tels l’artisanat, l’agriculture et les pêcheries, la culture et le tourisme, et les nouveaux services issues de l’industrie de l’information.

Parmi les produits les plus commercialisables des pays en développement nous pouvons citer le tourisme. Internet peut permettre aux pays les plus isolés et les plus défavorisés en matière de communication et de marketing de cibler et rejoindre une clientèle spécialisée et ouverte aux destinations non-conventionelles, notamment les jeunes qui constituent une des cibles privilégiées sur Internet.

Un site web permet de promouvoir la culture, les paysages, l’art, la musique, l’histoire d’Haïti, de toucher ainsi un public qui ne recherche pas nécessairement le soleil et les hôtels de plage. Haïti trouve un espace tout à fait indiqué pour promouvoir non seulement ses grands hôtels, mais aussi son réseau de petites structures d’accueil tels que ses guest houses, Pestel et l’accueil chez l’habitant, les fêtes champêtres, des excursions de mountain bike ou de hiking, le tourisme nautique, etc...

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication favorisent la globalisation, mais favorise aussi la diversité, l’expression des cultures. Haïti possède un avantage compétitif qui lui permet de se positionner avantageusement par rapport aux autres destinations touristiques; son héritage culturel unique. Jamais nous n’avons assisté à une telle diversité des cultures sur Internet. Il y a même des cours de kreyol haïtien sur Internet.

Nous avons parlé tout à l’heure de HaitianCrafts.org pour la promotion de l’artisanat haïtien. Cet exemple vaut aussi pour la promotion du café, de la mangues et de ses produits dérivés tel que la mangue séché qui se vend autour de 7.50$US le kilo, des produits de la pêche tel que les ailerons de requin, ou le concombre de mer très prisés par les asiatique qui paient jusqu’à 150$ et plus le kilo, le lambi ou la langouste dont on ne répond pas à la demande et qui se fait de plus en plus rare ailleurs, les huiles essentielles, le cacao - les fabriquants de chocolats commencent à s’inquiéter d’une éventuelle pénurie, les fleurs, voire les produits du vodoun.

Internet permet de cibler et de rejoindre des marchés non-conventionnels pour des produits non-conventionnels. Et Haïti rengorge de produits non-conventionnels.

Internet permet de vendre, mais aussi d’accéder à une information stratégique et à des ressources non-disponibles localement pour améliorer la compétitivité et les méthodes des producteurs. Ils peuvent mieux connaître la demande, les exigences en matière de qualité et d’emballage pour tel ou tel produit, mieux connaître ce que fait la compétition. Ils peuvent aussi établir des contacts avec des groupes similaires qui confrontent les même problèmes et améliorer ainsi leur capacité à produire.

Si les paysans haïtiens avaient accès quotidiennement à l’information relative à la demande de miel à travers le monde, notamment le Japon et l’Allemagne, ils seraient très intéressés à produire et à exporter du miel ou à améliorer leur méthode de production.

Internet peut aussi permettre à Haïti de développer de nouveaux pôles économiques.

Le besoin planétaire en information croît à la vitesse exponentielle de la cognitivité planétaire. Les besoins en services pour transformer, traiter l’information ne feront qu’augmenter.

Nous assistons à la virtualisation de l’information: l’information disponible sur internet ne couvre en général que les 5 à 10 dernières années. nous avons des millénaires de savoir humain à rendre disponible en mode virtuel.

A titre d’exemple: toutes les bibliothèques, les archives universitaires et gouvernementales, les musées et autres dépositaires du savoir humain, devront être transformés en version électronique et virtuelle.

Nous assistons aussi à la virtualisation des entreprises et des organisations: nous devons répondre aux besoins des entreprises et des organisations qui effectuent et effectueront leur transition vers l’information et le télétravail.

Le choix de la refonte totale du système d’information de leur entreprise ou de leur organisation est une des décisions stratégiques la plus importante que doivent prendre les décideurs d’aujourd’hui s’ils veulent survivre dans l’économie du XXIe siècle.

Les besoins en ressources humaines sont urgents. Les progrès des économies des pays inforiches, tels que les Etats-Unis et le Canada pourrait même être freinés à cause de la pénurie en ressources humaines auquel elles font face. Les entreprises du high-tech sont en panne et doivent retarder leurs projets.

Haïti doit passer du “brut-force” au “brain-force” pour répondre aux besoins urgents des pays inforiches en ressources humaines.

Haïti doit non seulement prévenir une fuite catastrophique du peu de ressources humaines hautement qualifiées dont elle dispose, mais aussi accorder une importance primordiale à la qualité de sa main-d’oeuvre et à la constitution de nouvelles ressources humaines hautement qualifiées.

Ce n’est pas les ressources humaines jeunes et disposés à apprendre, ni les écoles techniques, professionnelles et d’informatique qui manquent en Haïti. Une volonté ferme du Gouvernement devra favoriser le développement d’une telle main-d’oeuvre high-tech, actuellement défaillante, autant que le rapatriement de son “brain-force” expatrié au quatre coins du monde, voire même encourager l’immigration d’un “brain-force international, par une politique agressive d’avantages et d’incitatifs.

Il y aurait aux Etats-Unis plus de 350,000 emplois vacants liés à la technologie de l’information. Selon l’Information Technology Association of America (ITAA), cette pénurie de main d’oeuvre qualifiée est «un problème national majeur» susceptible de freiner la croissance de l’industrie américaine. Ainsi, pour la seule région de Washington, le Washington Post (WP) recense près de 25 000 emplois vacants, entraînant une perte de 1 milliard de dollars par an en salaires.

Les répercussions sont également importantes pour le reste de l’économie puisque des chercheurs de George Mason University estiment que chaque nouvel emploi qualifié créé dans la région de Washington engendre la création d’un emploi hors du secteur des hautes technologies. Face à un problème qui contraint souvent les entreprises à refuser des contrats ou à retarder la sortie de leurs produits, les solutions sont multiples: hausse de salaires (entre 1995 et 1996, le salaire annuel moyen d’un programmeur informatique a cru de 17,2% à plus de 92,200 dollars), débauchage et incitation au débauchage (SRA, une entreprise sise à Arlington, offre 10,000 dollars pour chaque employé débauché par l’un de ses siens), participation massive aux forums pour l’emploi (le recrutement d’une personne au cours dune manifestation de 2 jours est considéré comme un bon résultat). Pour trouver les programmeurs en C++ ou Java dont elles manquent cruellement, les entreprises font également appel à la formation de personnel non qualifié, e.g. secrétaire, ou recrutent à l’étranger (en 1996, près de 144 000 techniciens et ingénieurs ont émigré aux Etats-Unis).

L’immigration ne suffit même plus. Les compagnies américaines du high-tech ont atteint l’an dernier la limite annuelle de 65,000 visa de type H1-B, qui permet à des étrangers hautement qualifiés de travailler aux Etats-Unis.

Allons nous laisser partir nos cerveaux ou profiter de leur potentiel ici en Haïti?

Alors, pourquoi ne pas travailler en sous-traitance pour l’industrie de l’information internationale? Haïti n’est-elle pas justement une pionnière de la sous-traitance depuis plusieurs décennies déjà? Pourquoi ne pas passer de la factory au datafactory? Pourquoi ne pas favoriser l’émergence de “software technology parks” en Haïti. Nous contribuerons à la création d'un nouveau pôle économique, à la formation et à l'émergence d'emplois de haut-niveau et aux salaires élevés, à la création de nombreux emplois et à l’amélioration de la balance commerciale nationale.




Les banquiers succombent au charme de l'infogérance
selon une étude réalisée en 1995, en France


La sous-traitance externe de l'informatique bancaire ne cesse de se développer, malgré les réticences des directions informatiques. Principal argument : le coût.

Avec plus de 12% d'augmentation annuelle depuis 1992, l'infogérance de l'informatique dans le milieu bancaire confirme sa percée. Une étude de la SOFRES, conduite auprès de 65 dirigeants d'établissements financiers de taille moyenne, vient de le confirmer.

Pour Pierre Audoin Conseil, le marché devrait donc se développer au rythme de 10% à 13,5% par an jusqu’en 1998, pour atteindre entre 2,8 et 3,2 milliards de francs de volumes d'affaires, contre 1,92 milliard en 1994. Le cabinet Imput prévoit une croissance identique.

Les réticences sont pourtant nombreuses. Mais, les défenseurs de l'infogérance mettent en avance la réduction des coûts, la réponse à un problème d'effectif, de matériel et d'espace, la simplification de gestion, la compétence et la sécurité opérationnelle.

Les banques, surtout moyennes et petites, auront de moins en moins, la possibilité de maîtriser seules les évolutions informatiques, est persuadé Georges Grima, président de SG2. "Ce qui représente une opportunité, nouvelle pour notre métier, de prendre en charge des pans entiers de fonction, laissant toutefois à la banque la maîtrise de ses relations avec la clientèle."

Chez Sligos, le directeur de l'infogérance, Jean-François Raimond, partage cette opinion. "La principale réticence à l'externalisation tient à l'idée que l'informatique est intimement liée au business. Mais la baisse de rentabilité bancaire remet nettement en cause ce principe depuis deux ans.

Que ce soit dans les établissements de réseau, qui cherchent aujourd'hui à recentrer leurs équipes autour du commercial et de l'appréciation des risques et dans la distribution des crédits, qu'auprès des banques d'affaires, dont le coeur de métier est le savoir faire en ingénierie financière."

Ce type de pôle économique ne nécessite pas les infrastructures lourdes de l’économie industrielle, telle que les routes, les ports ou les aéroports. Il aurait l’avantage de pouvoir être localisé en province, contribuant ainsi à la décentralisation.

L'idée est de répondre aux nouveaux besoins de la société de l'information et à la pénurie en ressources humaines qui marque la transition entre le XXe et le XXIe siècle. Nous sous-traiterons, produirons et exporterons de l'infomatière et des ressources humaines.

Infogérance, sous-traitance du traitement de l'information-conversion, conversion Y2000 et Euro$, conversion de l'information papier à l'information électronique..., développements "softwares"...

Développement organisationnel et entrepreneurial via internet, notamment par des sites transactionnels et multimedia.

Identification et formation de ressources humaines / informaticiens, dans le contexte de la pénurie mondiale qui affecte les progrès de l'industrie de l'information. Nous pouvons former des computer-camps en collaboration avec ceux qui ont un besoin urgent de ces ressources. Ils travailleraient sur des contrats de sous-traitance. durant leur période de formation.

Identification et formation de ressources humaines / multimedia en tenant de l'extraordinaire créativité des artistes haïtiens. L'idée est d'intégrer la souris (mouse) dans la technologie des artistes haïtiens pour répondre à la demande croissante du marché multimedia international.

Haïti a beaucoup d’avantages. Notamment, le coûts de formation/développement des ressources humaines plus compétitifs - disponibilité des ressources humaines - aspect francophone-anglophone - qualification et expertise de la sous-traitance haïtienne - créativité des ressources humaines haïtiennes

Nous pouvons viser le marché américain, mais aussi les marchés francophones: Québec, Europe francophone (France, Belgique...), Afrique et Asie francophone, Antilles francophones, Haïti, etc...


LA NECESSITE D’UN NOUVEAU PARTENARIAT
PLUS EQUITABLE, ORIENTE SUR LA QUALITE DE VIE.


Un nouveau partenariat est indispensable entre le secteur privé traditionnel, les nouveaux entrepreneurs de l’industrie de l’information et le secteur informel, dans un cadre de commerce équitable. Nous devons changer notre façon de penser!

Que nos peintres qui exposent au bicentenaire ou à Jacmel s'associent à de jeunes programmeurs afin non seulement de mettre en vente leurs tableaux sur internet, mais de les faire passer du pinceau à la souris, de l’artisanat au multimedia.

Le XXIe siècle verra apparaître un marketing global plus équitable, plus solidaire et responsable.

Quelles seront les nouvelles attitudes et les comportements sociaux qui motiveront les consommateurs du XXIe siècle?

Les consommateurs de demain exigeront à prix équivalent, voire même accepteront de payer un peu plus, un produit qui sera fabriqué dans des conditions plus équitables, plus solidaires et plus responsables. Le rapport qualité/prix deviendra qualité-de-vie/qualité-prix.

Les consommateurs voudront de moins en moins consommer sur le dos de la misère humaine

Si les media et les groupes de pression occidentaux se sont lancé dans une offensive sans précédent contre l’industrie de la sous-traitance des pays du Sud, notamment l’affaire National Labor Committee / Disney World en Haïti, c’est que les consommateurs sont de plus en plus concernés par le facteur qualité de vie derrière le produit. Le développement économique devra de plus en plus contribuer au développement humain et vice-versa. Le consommateur exigera que l’entreprise devienne plus juste, plus solidaire et plus responsable envers le milieux où elle évolue.

Comment, par qui, où, dans quelles conditions le produit sera t-il fabriqué? Les consommateurs seront de plus en plus sensibles aux problèmes sociaux et environnementaux mondiaux, et à leurs conséquences tant au Nord qu’au Sud dans un monde de plus en plus interdépendant.

Les droits des travailleurs sont-il respectés? Est-ce fabriqué par des enfants en bas âge, par des femmes abusées, au détriment de l’environnement? Est-ce que l’entreprise contribue à un développement durable? Est-ce que la chaîne commerciale est équitable, du petit paysan ou de l’ouvrier jusqu’au consommateur?

Autant de notions qui transformeront le marketing de masse du XXe siècle en marketing de la cause du XXIe siècle. Ce nouveau marketing s’annonce timidement, depuis une décennie déjà, par le marketing environnemental de type “environment friendly”.

Quelques exemples:

1-Le café sous label “commerce équitable” en Europe: aujourd’hui, près de 5% du café vendu dans des pays tels que la Belgique, l’Allemagne ou la France est vendu sous label “Commerce équitable” à un prix légèrement plus élevé. Le Commerce équitable est une nouvelle mentalité de commerce qui s’assure que toute la chaîne de production, du petit paysan à votre tasse de café, bénéficie à sa juste part de l’échange.

2-Benetton et les grandes causes mondiales: l’ensemble du budget publicitaire de la Compagnie Benetton est consacré à sensibiliser la clientèle sur les grandes causes qui touchent l’humanité: guerres, SIDA, racisme...

3-La Fondation Cultural Survival de Harvard University: un groupe d’étudiants et de professeurs de l’Université Harvard ont créé la Fondation Cultural Survival afin d’aider les indigènes des forêts de l’Amazonie. La Fondation achète des noix des indigènes, qu’elle commercialise dans un réseau de boutiques au Etats-Unis et dans le marché de la transformation alimentaire. Une partie des profits est versée au bénéfice des indigènes amazoniens.

4-Les vêtements de sports et l’engagement social: un fabriquant canadien de vêtements de sport (350 millions de $ de chiffres d’affaires par année) à récemment créé une nouvelle ligne nommée “green line” en collaboration avec le peuple de l’Equateur. Tout le processus de production est conçu en fonction de contribuer au développement durable et à rétribuer les employés selon une politique salariale et d’avantages sociaux progressifs. Cette ligne de vêtements, positionné à un coût supérieur, a connu la plus forte hausse de vente parmi tous les produits de l’entreprise.

5-Des banques Nord-américaines exigeront désormais que les emprunteurs commerciaux ou industriels s’engagent en matière environnementale et sociale: les banques conditionneront de plus en plus leurs prêts à la responsabilités sociales des emprunteurs.

6-Body Shop, un manufacturier et détaillant de produits de beauté et de cosmétiques simples, naturels, sans impact négatif sur l’environnement et non-testés sur des animaux: la fondatrice Anita Roddick a toujours été impliqué dans des cause humanitaires. Elle est connue comme une activiste. Le site web de Body Shop a été utilisé pour promouvoir des causes sociales. Depuis l’ouverture de sa première boutique à Brighton en Angleterre en 1976, Body Shop est maintenant présent dans plus de 45 pays à travers le monde.

Les entreprises du XXIe siècle devront verser une juste part de leurs profits au bénéfice du milieux dans lequel elles évoluent. Leurs employés devront bénéficier de salaires et d’avantages sociaux plus justes et favorables à leur pleine participation dans la société. Elles devront contribuer au progrès humain.

Verrons nous bientôt, à l’intérieur des vêtements ou sur les emballages des produits de consommation, une adresse internet où le consommateur pourra consulter le pedigree societal ou le code d’éthique du produit? Le consommateur apprendra par exemple, que son vêtement aura été assemblé par une mère de famille en Haïti, qu’elle envoie ses 4 enfants à l’école, qu’ils sont en santé, qu’ils profitent d’un apport nutritif quotidien équilibré et vivent dans un environnement sain; que l’entreprise offre des conditions de travail et des avantages sociaux supérieurs, qu’elle contribue à un fonds pour l’éducation et la santé de ses employés et de leurs proches, qu’elle assure un milieux de travail sécuritaire, qu’elle applique une politique environnementale rigoureuse, etc...

L’Industrie haïtienne de la sous-traitance pourrait trouver à travers le marketing de la cause et Internet un positionnement compétitif où elle profiterait avantageusement de l’intérêt international dont Haïti bénéficie. Elle obtiendrait une couverture positive des media et l’appui des groupes de pression. Elle séduirait les consommateurs et les entreprises du Nord parmi les plus progressifs. Elle retrouverait la prospérité en investissant dans la qualité de la vie.


“Nous n’achetons pas qu’un produit,
nous achetons une qualité de vie”.






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